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Se séparer n’est pas priver ses enfants d’amour

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Je vais peut-être vous surprendre.

Mais après des années à accompagner des familles, je peux vous dire une chose :

Parfois, la séparation est préférable à une vie de conflits permanents.

Oui.

J’ai vu des enfants grandir au milieu des cris.

Au milieu des tensions.

Au milieu du mépris.

Au milieu des disputes qui n’en finissaient plus.

Pendant longtemps, on a présenté la séparation comme la pire chose,

qui puisse arriver à un enfant.

Mon expérience m’a appris une réalité plus nuancée.

J’ai connu certaines de ces blessures en tant qu’enfant.

Puis j’ai accompagné pendant des années des enfants et des familles en tant que thérapeute.

Et ce que j’ai observé est simple.

Les enfants peuvent s’adapter à beaucoup de changements.

Une nouvelle maison.

Un nouveau rythme.

Deux chambres.

Deux façons de vivre.

Une famille qui se réorganise.

Ce qui les aide le plus n’est pas forcément que tout reste identique.

C’est de continuer à se sentir aimés, importants et en sécurité malgré les changements.

Ce qui les fait le plus souffrir n’est pas toujours la séparation.

Ce qui les fait souffrir, c’est de perdre leur sécurité intérieure.

C’est de croire qu’ils doivent choisir entre leur père et leur mère.

C’est de penser qu’ils sont responsables.

C’est de ne plus savoir s’ils ont encore le droit d’aimer les deux.

C’est de se retrouver au milieu d’une guerre qui n’est pas la leur.

Les enfants ont besoin de bien plus qu’un toit commun.

Ils ont besoin de se sentir aimés.

Aimés par leur mère.

Aimés par leur père.

Aimés sans condition.

Aimés quoi qu’il arrive.

Une séparation est rarement un moment facile.

Pour les parents, elle s’accompagne souvent de tristesse, de doutes, de peur et parfois d’un profond sentiment de culpabilité.

De nombreux parents se posent la même question :

« Est-ce que je suis en train de faire du mal à mes enfants ? »

La vraie question n’est pourtant pas :

« Mes enfants vont-ils vivre une séparation ? »

La vraie question est :

« Comment puis-je les aider à traverser cette période ? »

Quelques attitudes peuvent faire une réelle différence :

• Rassurer régulièrement l’enfant sur l’amour que lui portent ses parents.

• Lui rappeler qu’il n’est responsable ni de la séparation ni des conflits.

• Maintenir autant que possible des repères stables.

• Respecter sa relation avec chacun de ses parents.

• L’encourager à exprimer ses émotions sans jugement.

• Lui offrir des espaces où il peut retrouver calme et sécurité.

Lorsqu’un enfant entend ses parents se critiquer, lorsqu’il doit porter des messages ou choisir un camp, sa sécurité émotionnelle est fragilisée.

À l’inverse, lorsqu’il comprend qu’il a toujours le droit d’aimer ses deux parents, qu’il n’est responsable de rien et qu’il continuera à être aimé, il retrouve progressivement ses repères.

La vie n’est pas toujours celle que nous avions imaginée.

Certaines histoires d’amour se terminent.

Certaines familles se réorganisent.

Certaines épreuves s’imposent à nous.

L’objectif n’est pas de construire une famille parfaite.

L’objectif est d’aider les enfants à grandir avec suffisamment d’amour, de sécurité et de ressources pour traverser les difficultés de la vie.

Se séparer n’est pas priver ses enfants d’amour.

L’essentiel est de continuer à leur montrer, chaque jour, qu’ils restent profondément aimés.

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